Au-delà du bénévolat, la relationnalité : comment s’organise l’entraide dans les marges

Consuelo Vásquez, avec Nicolas Bencherki (Université TÉLUQ) et Frédérik Matte (Université d’Ottawa)
Cette recherche vise à documenter les alternatives à l’échange marchand, en étudiant comment l’entraide s’organise en dehors des lieux formalisés et institutionnalisés, tels que le bénévolat. Notre intérêt pour l’entraide « dans les marges » découle du manque actuel d’études portant sur le bénévolat dit « informel », auquel est associée l’entraide, et de l’exclusion quasi systématique de ces études des groupes minoritaires et des personnes vulnérables, qui pourtant s’engagent aussi dans ce type de pratiques. Pour pallier ce manque, cette recherche met en place une ethnographie multisituée impliquant l’étude de trois communautés d’entraide : un espace d’accueil et d’écoute destiné aux personnes immigrantes, un réseau de sensibilisation au racisme systémique et de soutien pour ceux et celles qui en sont victimes, et un regroupement de femmes étrangères fuyant leur pays natal pour des raisons politiques. La méthodologie horizontale et participative de cette recherche se traduit dans la contribution active d’acteurs marginaux et actrices marginales, instigateurs et instigatrices de ces communautés.
Cette recherche élargira notre compréhension de la manière dont s’organise l’entraide dans les marges :
- en étudiant des formes d’entraide non/peu institutionnalisées et comment elles permettent d’interroger et de proposer d’autres solutions à l’échange marchand par l’entremise de trois études de cas;
- en développant un cadre conceptuel basé sur la notion de relationnalité nous permettant de définir le rôle constitutif de la communication dans l’organisation de l’entraide;
- en développant une méthodologie qui réinterroge le rôle de la personne chercheuse, les relations personnes chercheuse-personne participante et la production de savoir, évitant ainsi de reproduire les attentes institutionnelles face à l’entraide que nous retrouvons dans le cadre traditionnel du bénévolat.
En plus du secteur universitaire, cette recherche profitera aux OBNL, aux organismes communautaires et aux personnes citoyennes impliquées dans des initiatives d’entraide, car elle leur offrira des explications théoriques et des orientations pratiques pour résister aux logiques de l’échange marchand en organisant l’entraide autrement. Elle sera aussi d’utilité aux personnes praticiennes des organismes qui travaillent dans le milieu de l’entraide en leur offrant de riches études de cas et différentes ressources, dont une boîte à outils.
CRSH Savoir, 2023-2028
Projet de recherche connexe : La mise en marché du secteur à but non lucratif et les transformations du bénévolat





