
Chercheuse postdoctorale au LABCMO et au RéQEF, Elena Waldispuehl détient un doctorat en science politique de l’Université de Montréal, pour lequel est a obtenu à la fois la bourse Vanier-Banting et celle de la Fondation Pierre-Elliott-Trudeau. Sa thèse portait sur les conséquences des cyberviolences sur les trajectoires militantes féministes à partir d'une analyse comparée entre la France et le Québec. Elle a notamment codirigé, avec Hugo Loiseau (Université de Sherbrooke), l’ouvrage Cyberespace et science politique : de la méthode au terrain, du virtuel au réel (PUQ, 2017) et, plus récemment, contribué au livre Perspectives féministes en relations internationales. Penser le monde autrement (2022, PUM) avec le chapitre « Cyberespace, inégalités et insécurité en ligne ».
Elle réalise depuis 2023 un postdoctorat à la Faculté de communication sous la supervision de Mélanie Millette.
Engagement féministe en ligne : analyse comparative des effets de la fatigue émotionnelle au temps du Web social
Cette recherche s’intéresse aux conséquences de la fatigue émotionnelle sur le maintien ou non de l’activisme féministe à partir d’une comparaison entre le Québec et l’Ontario francophone. Le choix du Québec comme cas d’étude s’explique par la présence d’un mouvement masculiniste très fort et institutionnalisé, alors que celui de l’Ontario se justifie par des attentats terroristes liés à la manosphère et l’idéologie Incel. Ce projet s’inscrit dans la continuité des résultats de la recherche doctorale de la chercheuse, qui traite des effets des cyberviolences sur les trajectoires militantes de féministes en France et au Québec. Cette nouvelle étude se démarque par sa focale originale sur la fatigue émotionnelle des féministes dans le contexte du Web social.
Dans un contexte de forte prégnance de l’antiféminisme en ligne, les cyberviolences sont utilisées comme des armes politiques pour inciter les féministes à se taire et leur refuser l’accès aux espaces socionumériques, tout en menaçant leur intégrité physique et psychologique. Cela augmente in fine les coûts de l’engagement et produit une importante fatigue émotionnelle, qui peut causer des problèmes de santé mentale et de graves traumas. Si des travaux antérieurs montrent un désengagement dans un contexte de violences et de répression, les résultats des recherches d’Elena Waldispuehl pointent plutôt un désengagement partiel. Par conséquent, il importe de considérer les trajectoires d'engagement sur le long terme pour comprendre les périodes de rupture et de continuité du militantisme et analyser de quelle manière elles sont liées à la fatigue émotionnelle dans le contexte du travail militant.
Ce projet répondra ainsi à la question « Comment la fatigue émotionnelle influence-t-elle l’engagement féministe en ligne? ». Les objectifs de ce projet sont :
- D’interroger le rapport à la fatigue émotionnelle et ses conséquences sur l’engagement
- D’analyser la relation dynamique entre les usages du Web social et la fatigue pour saisir leur influence mutuelle
- De cartographier les stratégies pour composer avec la fatigue et les cyberviolences qui accompagnent l’engagement féministe en ligne.
Les connaissances mises à jour seront d’autant plus utiles que peu de travaux étudient les dimensions émotionnelles des processus liés au maintien de l’engagement.





