Quelle acceptabilité sociale pour les projets miniers de la transition énergétique?

Quelle acceptabilité sociale pour les projets miniers de la transition énergétique? L’influence de l’usage et des valeurs collectives sur le développement minéral Québec
Corinne Gendron (Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale), avec Suzanne Durand (UQAT), Michel Jébrak (Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère), Christophe Krolik (Université Laval), Stéphanie Yates (Département de communication sociale et publique), Valérie Lehmann (Département de management), Lucie Mathieu (UQAC) et Alice Friser (UQO)
En partenariat avec le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, l’Association de l’exploration minière du Québec, l’Association minière du Québec et le Conseil cri sur l’exploration minérale
Cette recherche, menée par une équipe regroupant des expertises complémentaires (géologie, sociologie, communication, sciences de la gestion, économie et droit), a pour objectif de comprendre comment l’usage prévu d’un minéral et l’utilité sociale qu’en perçoit la population peuvent contribuer à son acceptabilité sociale, en particulier dans le contexte de la lutte contre les changements climatiques. Plus largement, il s’agit de mieux comprendre les dynamiques de l’acceptabilité sociale des projets miniers visant des minerais critiques et stratégiques (MCS), afin d’assurer un cadre de développement cohérent avec les besoins et les préoccupations des actrices et acteurs du milieu.
D’abord, cette recherche permettra de définir et d’évaluer l’utilité perçue comme facteur d’acceptabilité sociale. Elle mettra en lumière les arguments utilisés pour promouvoir les MCS parmi les arguments utilisés dans les projets miniers traditionnels. Puis, elle documentera la façon dont les communautés et les acteurs sociaux réagissent à ces arguments, en révélant leurs préoccupations à l’égard de ces projets. Enfin, elle permettra d’inventorier les ententes conclues entre promoteurs de projets MCS et communautés autochtones et allochtones au Québec, et d’identifier les meilleures pratiques en matière d’acceptabilité sociale.
Au niveau des retombées, cette recherche permettra aux promoteurs et aux exploitants miniers de mieux saisir les facteurs facilitant ou nuisant à l’acceptabilité sociale et d’identifier les différentes conditions que les communautés peuvent poser pour accepter un développement minier de MCS. Les connaissances issues de la recherche permettront aussi à ces acteurs, ainsi qu’aux chaînes de valeurs associées, de mieux élaborer leurs arguments sur leur pertinence et leur image de marque. Les intervenants gouvernementaux, les administrations locales et les praticiens des relations avec les communautés pourront quant à eux mieux adapter à la réalité de terrain leurs documents et leurs activités de communication, y compris en contexte autochtone, ce qui pourrait contribuer à ce que les processus de consultation publique soient plus axés sur les préoccupations des citoyennes et citoyens.
Pour les gouvernements, les résultats de cette recherche pourront aider à l’élaboration de meilleures politiques publiques, notamment dans la perspective du développement de la filière des batteries pour les véhicules électriques. Les communautés et les acteurs sociaux seront en mesure de mieux cerner les particularités des projets de MCS, de mieux comprendre les dynamiques de soutien et de contestation autour de ce type de projet, et de mieux définir les paramètres de leur participation à d’éventuelles démarches du développement minier.
Au terme de ce projet, les membres de l’équipe pourront mettre à jour leurs travaux précédents qui se cristallisent autour de l’élaboration d’un tout premier outil d’évaluation des risques miniers.
Les partenaires du projet (l’Association de l’exploration minière du Québec, l’Association Minière du Québec et le Conseil cri sur l’exploration minérale), quant à eux, pourront compter sur trois rapports synthétisant les résultats clés de la recherche et un guide à l’attention des praticiennes et praticiens des relations avec les communautés du secteur minier. Toutes et tous seront donc mieux outillés dans leur rôle d’intermédiaire entre les promoteurs et les acteurs sociaux, dont les communautés autochtones.
FRQNT. Programme de recherche en partenariat sur le développement durable du secteur minier, 2021-2024





